Carboneutralité ou net-zéro, de quoi parle-t-on?

Alors que les conséquences des changements climatiques se font de plus en plus flagrantes, nombre d’entreprises prennent des engagements sur le sujet. Certaines se revendiquent carboneutres, d’autres s’engagent à atteindre le net-zéro. Que comprendre de ces engagements ?

Retour à la définition

Pour y voir plus clair, il est important de remonter à la source, soit la définition du GIEC. L’organisme décrit la neutralité carbone (ou Émissions de CO2 Net-Zéro) comme étant la situation au niveau mondial ou les émissions anthropiques de CO2 sont en équilibre avec les retraits de CO2 de l’atmosphère. Avec cette définition, on remarque que :

1. Cela n’inclut que le CO2. Ce point est adressé par le concept d’Émissions Net-Zéro, défini pas le GIEC comme l’équilibre entre les GES émis par les activités humaines et les GES retirés de l’atmosphère. La première conclusion est que la notion de Net-Zéro devrait être retenu par rapport à neutralité carbone (ou carboneutralité).

2. C’est au niveau mondial que la neutralité carbone s’applique et non pas à celui d’une organisation. Le défi est donc de transposer cette considération pour une entité comme une entreprise, ce qui est approfondi par après.

Plusieurs référentiels ont été développé par le passé sans qu’aucun ne devienne un standard internationalement reconnu. Il est à noter que la norme ISO 14068 est actuellement en développement pour répondre à ce besoin.

Parmi les référentiels actuellement utilisés, des grandes entreprises comme Microsoft utilise le Carbon Neutral Protocol, développé aux États-Unis par Natural Capital Partners, qui permet notamment l’obtention d’une certification. D’autres entreprises appliquent le PAS 2060, « Specification for the demonstration of carbon neutrality » développé au Royaume Uni. Au Canada, ls CSA avait mis en place il y a quelques années le programme Climate Neutral que quelques entreprises ont utilisé. Il existe d’autres référentiels moins rependus car développés localement dont la crédibilité reste à démontrer. On comprend aisément que cette multiplicité de référentiel amène une certaine confusion parmi les entreprises et leur écosystème.

Les conséquences de l'absence de standard ou norme reconnu

L’enjeu premier est d’éviter que les entreprises considèrent qu’il s’agisse d’un simple jeu d’écriture (émissions – compensation = 0) et donc qu’elles ne mettent pas les efforts nécessaires pour réduire leurs émissions de GES. En effet, réduire nos émissions de GES d’un facteur 5 en moins de 30 ans, nécessite une transformation majeure de nos façons de produire et de consommer. L’autre écueil à éviter est celui de l’écoblanchiment, dont plusieurs entreprises ont fait les frais.

Pour clarifier cette situation, on observe des efforts pour faire converger les pratiques, notamment à travers la Net-Zero Initiative supportée par de nombreux acteurs en Europe.

Cette initiative a fait l’objet d’une déclaration sous la forme de 10 principes qui permettent de clarifier le concept principal : il convient de séparer les émissions de l’entreprise sur sa chaîne de valeur (scope 1, 2 et 3) à la fois des réductions d’émissions qu’elle finance, mais aussi des puits carbones qu’elle favorise. Ces trois postes doivent être présentés de façon séparée. L’argumentaire est récemment repris par Bloomberg qui démontre l’intérêt pour une meilleur cohérence de ce sujet.

Que doit faire une entreprise?

Viser des émissions Net-Zéro en voix de devenir en s’appuyant sur sans préciser de cadre de référence. Une entreprise qui cherche à faire sa juste part dans la lutte contre les changements climatiques peut s’appuyer sur la Net-Zero Initiative, et déclare leur contribution à la transition, en éliminant progressivement le terme de compensation de leur communication. Cette démarche est en cohérence autant avec les cibles définies par SBTi, avec le cadre scientifique du GIEC, ainsi qu’avec les outils de pilotage tel que ACT – Assessing Low carbone transition.

Ainsi la tendance est à exclure la notion de carboneutralité de sa stratégie de transition bas-carbone. Si l’entreprise a déjà pris un engagement de carboneutralité, elle devrait préciser le référentiel qu’elle compte utiliser. Elle peut aussi décider de mettre à jour sa stratégie en s’engageant vers le Net-Zero.

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