Climat changeant du Canada 2026 : 5 leçons pour agir

Lac turquoise au pied de montagnes rocheuses enneigées, sous un ciel bleu au Canada.

Le Rapport sur le climat changeant du Canada 2026 (RCCC 2026) confirme que le climat auquel nos collectivités et nos organisations doivent se préparer n’est plus celui des dernières décennies. Pour les municipalités, les entreprises, les universités et les gestionnaires d’actifs, l’enjeu est de comprendre ce qui change — puis de traduire ces connaissances en décisions utiles.

Trois chiffres pour situer les changements

  • +2,0 °C : réchauffement observé au Canada entre 1948 et 2023.
  • +2,6 °C : réchauffement observé dans le Nord canadien sur la même période.
  • Environ +1 °C : réchauffement additionnel projeté à court terme, pour la période 2021-2040.

Source : Rapport sur le climat changeant du Canada 2026. Le troisième chiffre représente une projection, et non une observation.

Les données les plus récentes d’Environnement et Changement climatique Canada, qui couvrent désormais la période 1948-2025, indiquent un réchauffement national de 2,3 °C. Elles montrent également que le réchauffement varie fortement selon les saisons et les régions : il est particulièrement marqué en hiver et dans le Nord canadien. Ces différences rappellent l’importance de considérer les caractéristiques locales et saisonnières dans les analyses de risques climatiques.

Température moyenne au Canada, 1948–2025 Écart annuel (°C) par rapport à la moyenne 1961–1990 -2-10+1+2+3 19481960198020002025 Tendance : +2,3 °C Série annuelle d’ECCC — visualisation CCG
Évolution des écarts de température moyenne annuelle au Canada, de 1948 à 2025. La tendance mesurée est de +2,3 °C. Graphique réalisé par CCG à partir des données d’Environnement et Changement climatique Canada (2026).

Ce que la deuxième édition apporte de nouveau

Par rapport à 2019, le rapport s’appuie sur de nouvelles observations, des données améliorées et des modèles climatiques plus récents. Il couvre davantage de sujets et facilite l’accès à l’information pour les personnes qui doivent planifier des mesures d’adaptation.

Une autre évolution importante est l’inclusion de la science autochtone, notamment au moyen d’études de cas des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Ces connaissances ancrées dans les territoires enrichissent la compréhension des changements vécus localement. Leur mobilisation suppose une démarche respectueuse des détenteurs de savoirs et de la souveraineté des données autochtones.

Cinq enseignements pour mieux gérer les risques climatiques

1. Le climat de référence a déjà changé

Une hausse moyenne de 2,0 °C au Canada en 75 ans n’est pas seulement un chiffre national. Elle rappelle que des infrastructures, des bâtiments et des services peuvent avoir été conçus à partir de conditions climatiques qui ne représentent plus adéquatement le contexte actuel.

Pour agir : vérifier les hypothèses climatiques utilisées dans les plans, normes de conception et projets de renouvellement des actifs, surtout lorsque leur durée de vie s’étend sur plusieurs décennies.

2. Le court terme est engagé, mais le long terme dépend des émissions

Le réchauffement devrait se poursuivre à court terme, tandis que son ampleur dans la seconde moitié du siècle dépendra fortement de l’évolution des émissions mondiales. Une seule projection ne peut donc pas servir de réponse à toutes les décisions.

Pour agir : choisir des horizons adaptés à la durée de vie des investissements et comparer plusieurs futurs climatiques. Un actif prévu pour fonctionner jusqu’en 2080 mérite une analyse différente de celle d’une mesure opérationnelle à mettre en place dès l’an prochain.

3. Les extrêmes évoluent, mais chaque aléa doit être évalué avec précision

Le rapport confirme l’intensification des chaleurs extrêmes et projette une hausse des fortes précipitations. Les phénomènes d’inondation ne suivent toutefois pas tous les mêmes mécanismes : ruissellement urbain, crues de cours d’eau, fonte des neiges et embâcles exigent des analyses distinctes. Les incertitudes varient aussi selon les aléas et les échelles géographiques.

Pour agir : préciser les aléas qui peuvent réellement perturber vos activités ou vos actifs, plutôt que de déduire un niveau de risque directement des tendances nationales.

4. Le cycle de l’eau se transforme

Davantage de précipitations annuelles ne garantit pas une meilleure disponibilité de l’eau. L’évaporation, les sécheresses estivales, la recharge des nappes, l’évolution de la neige et la concentration des pluies dans certains épisodes doivent être examinées ensemble.

Pour agir : croiser les enjeux de gestion des eaux pluviales, de disponibilité de l’eau, de continuité des activités et de protection des infrastructures. Une municipalité comme une usine peut être exposée à la fois à un excès d’eau lors d’orages et à un déficit pendant les périodes sèches.

5. La donnée climatique n’a de valeur que lorsqu’elle éclaire une décision

Une projection devient utile lorsqu’elle est reliée à un territoire, un actif, un service, un horizon et une question de gestion précise. Le même indicateur climatique n’aura pas la même pertinence pour une école, un réseau pluvial ou une chaîne d’approvisionnement.

Pour agir : relier les données à une analyse des risques climatiques qui tient compte de l’exposition et de la vulnérabilité, puis prioriser les actions. Pour approfondir cette étape, consultez notre article Transformer les données climatiques en décisions d’adaptation.

Trois questions pour faire le point dans votre organisation

  • Les données utilisées dans nos plans, normes ou investissements reflètent-elles le climat auquel nos actifs seront exposés?
  • Nos risques prioritaires tiennent-ils compte de l’exposition et de la vulnérabilité réelles de nos sites, services, populations ou chaînes d’approvisionnement?
  • Nos mesures d’adaptation sont-elles intégrées aux budgets, aux projets, à la gestion des actifs et aux processus décisionnels courants?

Si les données sont anciennes, commencez par vérifier les hypothèses. Si les risques sont peu documentés, approfondissez l’exposition et les vulnérabilités. Si les risques sont connus mais peu pris en compte, concentrez les efforts sur leur intégration aux décisions. Il n’est pas toujours nécessaire de recommencer un plan complet. Pour une méthode structurée, consultez notre article sur l’analyse des risques dans les plans climat.

Quels chapitres du rapport consulter en priorité?

Chapitre 8 — Changements liés aux extrêmes. Pour mieux comprendre les tendances et les incertitudes concernant les chaleurs, les fortes pluies et d’autres événements susceptibles d’affecter les personnes et les actifs.

Chapitre 10 — Services climatiques et utilisation de l’information sur le climat. Pour choisir les scénarios, horizons, variables et échelles pertinentes, et comprendre comment utiliser les projections climatiques dans la planification.

En complément, le chapitre 9 sur le cycle du carbone offre des repères pour articuler décarbonation, solutions fondées sur la nature et résilience de leurs bénéfices à long terme.

Faire évoluer l’adaptation sans repartir de zéro

Le RCCC 2026 ne rend pas caducs les plans d’adaptation existants. Il offre plutôt l’occasion de revoir certaines hypothèses, d’actualiser les indicateurs les plus utiles et de confirmer les priorités. À l’inverse, une organisation qui commence peut s’appuyer sur ces connaissances pour structurer progressivement une démarche.

Chez CCG, nous accompagnons les organisations dans l’appréciation des risques climatiques et la mise en place de démarches d’adaptation. Pour les municipalités, cette démarche peut aussi s’intégrer aux projets et investissements, comme l’illustre notre retour d’expérience sur l’intégration du climat aux décisions municipales.

Les municipalités souhaitant approfondir leur démarche peuvent également consulter notre article sur le financement de l’adaptation climatique municipale. Si vous souhaitez vérifier la pertinence de mettre à jour votre analyse ou vos priorités, échangeons sur vos besoins.

Le climat continue d’évoluer. Nos décisions doivent évoluer avec lui.

Sources scientifiques

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