Passer du linéaire au circulaire est rentable et durable

Notre économie fonctionne encore largement selon une logique linéaire.

On extrait, on produit, on consomme… puis on jette.

Ce modèle repose, implicitement, sur deux croyances.
La première : les ressources seraient disponibles en quantité illimitée.
La seconde : l’environnement aurait une capacité infinie à absorber nos déchets.

Or, ces deux hypothèses sont en train de se fissurer.

Des limites qui se manifestent déjà

En amont, les tensions sur les ressources deviennent tangibles.

Le cuivre en est un bon exemple. Indispensable à l’électrification (véhicules, réseaux, énergies renouvelables), il est aujourd’hui sous pression. La demande augmente rapidement, alors que l’ouverture de nouvelles mines est longue, complexe et souvent contestée.

Ce décalage entre l’offre et la demande crée une tension structurelle. Il nous rappelle une évidence : nous vivons dans un monde fini.

En aval, les changements climatiques illustrent l’autre limite du modèle.

L’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère montre que notre environnement n’est pas un puits sans fond. Il y a un seuil au-delà duquel les impacts deviennent systémiques : événements climatiques extrêmes, perturbations économiques, pressions sur les infrastructures.

Autrement dit, nous faisons face à une double contrainte : ressources limitées et capacité d’absorption limitée.

Un constat confirmé par les données

Le dernier Rapport sur l’indice de circularité du Québec vient objectiver cette réalité.

Avec un indice de 2,5 %, cela signifie que seulement une très faible proportion des matières utilisées au Québec est réintroduite dans le cycle économique.

La tendance est d’ailleurs globale : la circularité mondiale est passée de 9,1 % en 2018 à 6,9 % en 2025.

Ces chiffres traduisent le fait que notre économie reste massivement linéaire, malgré les efforts amorcés.

Pourquoi la circularité peine à s’imposer

Si les bénéfices semblent évidents, pourquoi la transition est-elle si lente ?

D’abord, parce que notre système économique est profondément structuré autour de l’abondance. Les matières vierges sont souvent moins coûteuses que les alternatives recyclées ou réemployées.

Ensuite, dans la majorité des organisations, les coûts liés aux déchets sont sous-estimés, car on ne considère souvent que les frais visibles (conteneurs, élimination), qui ne représentent qu’environ 10 % du coût réel. Le reste (matières perdues, énergie, main-d’œuvre, équipements) demeure largement invisible, mais bien présent.

Enfin, la circularité demande une transformation systémique :

  • repenser les chaînes d’approvisionnement,
  • collaborer entre acteurs,
  • intégrer de nouvelles logiques d’affaires.

C’est un peu comme passer d’une autoroute à sens unique à un réseau de rues interconnectées : plus complexe à organiser, mais beaucoup plus résilient.

Enfin, il y a un enjeu de connaissance. Beaucoup d’organisations ne savent tout simplement pas par où commencer.

Pourtant, les bénéfices sont bien réels

Lorsqu’elle est bien structurée, la circularité permet de :

  • réduire les coûts (matières, énergie, gestion des déchets),
  • générer de nouvelles sources de revenus (revente, valorisation, nouveaux modèles d’affaires),
  • réduire les émissions de GES,
  • renforcer la résilience face aux chocs d’approvisionnement.

On peut faire une analogie avec le vivant.

Dans un écosystème naturel, rien ne se perd : les déchets des uns deviennent les ressources des autres. Ce fonctionnement en boucle permet d’optimiser l’utilisation de l’énergie et de la matière, tout en assurant la stabilité du système.

À l’inverse, notre économie linéaire ressemble davantage à un organisme qui consommerait sans recycler, c’est-à-dire à un modèle qui, dans la nature, ne peut tout simplement pas durer.

Le cas du textile : des leviers concrets

Dans le cadre d’un mandat réalisé par CCG dans le secteur textile, cette réalité est apparue très clairement.

Plusieurs leviers de décarbonation étaient directement liés à la circularité :

  • réduction des pertes de matière,
  • valorisation des résidus,
  • intégration de contenu recyclé ou biosourcé dans les matières premières,
  • prolongation de la durée de vie des produits.

Dans plusieurs cas, ces actions permettaient à la fois de réduire l’empreinte carbone et d’améliorer la performance économique.

Passer à l’action : de l’intention au concret

Le principal défi n’est pas de reconnaître l’importance de la circularité, mais de la traduire en actions concrètes.

Par où commencer ? Quels leviers prioriser ? Quels investissements sont pertinents ?

C’est précisément le rôle d’un diagnostic en économie circulaire.

Des leviers concrets existent pour accompagner les organisations dans cette démarche. À Montréal, par exemple, la Ville offre actuellement une subvention pouvant atteindre 15 000 $. 

Ce diagnostic permet notamment de :

  • analyser les pratiques actuelles,
  • identifier et prioriser des stratégies adaptées,
  • proposer des solutions concrètes,
  • bâtir un plan d’action détaillé,
  • et quantifier les retombées économiques et environnementales.

À l’échelle du Québec, il est également possible d’être accompagné grâce au Programme Mouvement circulaire porté par Esplanade Québec.

Chez CCG, nous réalisons ces mandats en combinant vision stratégique et analyses rigoureuses, pour transformer cette démarche en un véritable outil d’aide à la décision utile bien au-delà du rapport final.

Une opportunité pour repenser notre modèle

Ce type de financement réduit un frein important : le coût d’entrée.

Mais l’enjeu va bien au-delà.

Dans un contexte de contraintes croissantes sur les ressources et le climat, les organisations qui sauront boucler leurs flux de matière seront mieux positionnées pour sécuriser leurs approvisionnements, maîtriser leurs coûts et répondre aux attentes du marché.

L’économie circulaire devient donc une réponse concrète à un déséquilibre fondamental entre notre économie et les limites de la planète.

Comme dans le vivant, la pérennité repose sur la capacité à réutiliser, transformer et optimiser ce qui existe déjà.

Reste une question :

Sommes-nous prêts à faire évoluer nos modèles assez rapidement pour rester dans les limites du système dont nous dépendons ?

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