Dans l’oeil du cyclone

Côté climat, l’année 2022 n’a pas été de tout repos. En mai, le Pakistan cuisait littéralement avec une température de 50°C. La France a connu 3 canicules, suivies de feux de forêt, du jamais vu dans son histoire . En Californie, les températures extrêmes ont pris le relais de pluies torrentielles. Quand on voit ces événements majeurs, on constate que le Québec a été relativement épargné cette année. En effet, nos parcs sont restés bien verts, il n’y a pas eu de manque d’eau malgré le bas niveau des nappes phréatiques en début d’année. Au contraire, la région a reçu beaucoup de pluie, notamment le 16 juin et le 13 septembre.

La tempête Fiona, qui a frappé les Iles de la Madelaine, nous ramène à notre nouvelle réalité avec son lot de dégât et de détresse humaine. Sur ce thème, le 3 septembre dernier paraissait un reportage de Radio-Canada intitulé « Un seul ouragan depuis le début de la saison : est-ce le calme avant la tempête? ». Dans le cadre de ce reportage, je me faisais interviewer dans le but de déterminer si cette situation était normale, vu le climat changeant. J’ai insisté sur deux points :

  • L’importance de regarder les tendances sur le long terme. En pratique, on ne peut pas dire si en 2022 nous devrions avoir plus ou moins de tempêtes. Seules les études sur plusieurs années nous donnent les tendances.
  • Les études scientifiques montrent qu’il va y avoir plus d’ouragans de catégorie 4 et 5. Ces ouragans, dont certains peuvent arriver sur le Québec sous la forme de cyclone post-tropicaux, amèneront plus de pluie. Autre fait important, ceux qui atteindront le Golf du Saint-Laurent, frapperont les régions côtières qui ont subi une hausse du niveau de la mer, comme les Iles de la Madeleine. La tempête Fiona en est le parfait exemple.

On peut se réjouir que ces événements n’aient occasionné aucun décès au Canada. Toutefois de nombreuses familles se sont retrouvées sans logement et les coûts de rétablissement vont croissants. Ces phénomènes illustrent ce qui est attendu à l’avenir, c’est-à-dire une augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations intenses. Heureusement, il existe des solutions très concrètes, comme ces deux exemples d’espaces résilients à Montréal. Non seulement le quartier est embelli, mais cela permet également de soulager temporairement le réseau d’égout. On parle de co-bénéfice!

En comparaison avec d’autres régions du monde, le Québec s’en tire relativement bien. Cet été, c’est un peu comme si nous étions dans l’œil du cyclone, après les inondations (2017 et 2019) et les sécheresses (2018 et 2020) qui avaient fait beaucoup de dommages sociaux et économiques. La tempête Fiona nous ramène à la réalité. Et les modèles sont clairs : sur les prochaines années, le climat déréglé va nous amener plus de phénomènes extrêmes, que ce soient des précipitations intenses ou des vagues de chaleur. Profitons de ce calme apparant pour se préparer par la résilience climatique, tout en accélérant nos efforts pour s’attaquer à la cause du problème, soit nos émissions de GES.

Soyons prêt à sortir de l’œil du cyclone!

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